Marquage corporel et développement psychosexuel adolescent
conférence de Jocelyne Thériault
Dimanche le 03 février 2002

Le phénomène du marquage corporel (tatouage et perçage) gagne en popularité auprès d'un nombre toujours plus grand de jeunes de milieux variés (Soyland, 1997; Favazza, 1998). Traditionnellement considéré comme une pratique triviale par les chercheurs, le marquage corporel est devenu un objet de recherche légitimé depuis qu'il fait l'objet d'investigations minutieuses, en santé mentale notamment (Favazza, 1998; Vail, 1999). Bien qu'un nombre considérable d'études empiriques soient conduites sur la question, peu d'entre elles ont examiné à la fois les motivations manifestes et les motivations plus profondes des jeunes à se faire marquer la peau et peu ou pas ont examiné la question du marquage corporel dans le cadre du développement psychosexuel adolescent. L'étude qui sera ici présentée tente de faire quelques pas en ce sens. Elle a pour but de vérifier, empiriquement, par le biais d'entretiens semi-structurés, les propositions de recherche formulées au terme d'un article théorique portant sur les liens unissant vraisemblablement le corps marqué, le corps sexué, le corps intime aux périodes de l'adolescence à de jeunesse (Thériault, 1998). Plus spécifiquement, cette étude, de type qualitatif, conduite auprès d'un groupe restreint mais homogène de volontaires, analyse le discours de jeunes femmes lourdement tatouées et ce, en regard de leurs marques corporelles, de leur corps infantile et pubère, de leur sexualité, et de leurs relations familiales et romantiques. C'est dans le cadre du développement psychosexuel adolescent que les données de cette recherche sont analysées et discutées.