Une misogynie au féminin est-elle pensable ?
conférence de Annick Houel
Jeudi le 19 février 2009

La prise en compte des enjeux affectifs sous-jacents (Enriquez, 1983, 1986, 1997) dont nous faisons l’hypothèse qu’ils sont sous-tendus par la répétition inconsciente du conflit mère-fille (Freud, 1931, 1932) permettrait de mieux comprendre et donc d’éviter de nombreuses situations où les femmes n’ont plus que le recours, pour tenter de résoudre leurs conflits, en particulier dans la sphère publique ou professionnelle, à une position féminine qu’on pourrait qualifier de masculine (Parat, 1995 ; Molinier, 2003), voire à la misogynie. L’hypothèse qui sera développée est que cette misogynie féminine serait une véritable stratégie défensive, à l’instar de ce que Christophe Dejours (1993), en psychodynamique du travail, a pu développer côté hommes avec la virilité comme idéologie défensive de métier, et dont le maternalisme serait une des postures.


Annick Houel

Professeure à l'Institut de psychologie (Université Lumière Lyon) et auteure de nombreux articles et de livres notamment L'adultère au féminin et son roman (99), Crime passionnel, crime ordinaire (avec Mercader et Soboda, 2003) et Psychosociologie du crime passionnel (avec Mercader et Soboda, 2008).